Ce qu'il faut changer dans l'entraînement au tir et pourquoi ?

Ce qu'il faut changer dans l'entraînement au tir et pourquoi ?

S'il y a un sujet qui devrait préoccuper les entraîneurs comme les joueurs, c'est bien celui de l'entraînement au tir! Pourquoi ?

Tout simplement parce que pour gagner un match, il faut marquer plus de points que son adversaire et que seul le tir permet de marquer des points.

La meilleure option tactique "ne fera" que mettre le joueur dans la meilleure position pour le tir. Elle ne sera rentable que si le tir est marqué.

La meilleure défense "ne fera" qu'encaisser peu de points. Elle ne sera pas victorieuse si elle ne marque pas plus de points qu'elle n'en encaisse. On peut jouer le 0-0 au football, il n'existe pas au basket-ball.

L'entraînement au tir devrait donc être essentiel.

Si l'on si intéresse, on se rend compte que la principale limite de la majorité des entraînements au tir, c'est qu'ils ne prennent pas en compte le tir.

En effet, pour la majorité des entraînements au tir, le tir est un acte isolé, mécanique, décontextualisé et non complexe.

On en parle en nombre de tirs, en séries, en répétition, en pourcentage, en geste mécanique (voir en geste parfait), en spots, etc.

Alors que le tir est par essence un geste en interaction, biologique, contextualisé et complexe.

  • Un geste en interaction avec ceux qui le précédent et le suivent, avec ses coéquipiers et ses adversaires, avec son contexte, au sein d'un acte tactique :

Vous pensez que le tir n'est pas influencé par la passe ou le dribble qui le précédent? Pourtant la passe décisive comme le 1c1 ont de la valeur dans notre activité.

Vous pensez que le tir n'est pas influencé par le temps et l'espace des coéquipiers et adversaires? Pourtant la création d'espace et la génération de temps sur l'advsersaire sont les moyens de l'action tactique.

  • Un acte biologique : un tir c'est de la biochimie, de la biophysique, de la biomécanique, du bio-informationel, bref du BIOlogique au sens de Bosch comme de Schöllhorn :

Tout tir est précédé d'un INPUT (informations visuelles, proprioceptives, vestibulaires) et d'une intégration (assemblage de cet INPUT par différentes parties du cerveau). L'INPUT et l'intégration déterminent le tir et varient en fonction de la qualité et de la quantité d'informations disponibles ainsi que des capacités cognitives du joueur. Le tir est un acte sensitif et cognitif (J'explique tout cela pendant plusieurs heures dans la formation Basketball Motor Skill).

  • Un acte contextualisé : on prend un tir dans un contexte externe (un environnement, un espace, un temps) et dans un contexte interne (une charge cognitive, une charge métabolique, les capacités du jour, etc.) :

Seuls les joueurs débutants prennent un tir sans tenir compte de l'espace dans lequel ils se trouvent et du temps dans lequel ils sont. Cet espace et ce temps ne sont pas directement décidés par le joueur (il peut se donner de l'espace, se donner du temps), il ne choisit pas, il s'adapte. Les joueurs les plus experts savent que la fatigue, le stress, la confiance, les tirs précédents, etc. influencent leur réussite. En effet, l'INPUT, l'intégration, comme le résultat (le mouvement de tir) sont sensibles aussi à l'état interne du joueur.

  • Un acte complexe : c'est une motricité hyperspécialisée, une compétence ouverte :

Deux tirs qui se ressemblent en tous points. Si identiques, que l'on ne parvient pas à distinguer qu'ils peuvent avoir une réalisation interne différente. Pourtant, même s'ils ont une apparence identique, ils ne le sont pas. En fait, que l'on compare les joueurs entre eux ou un même joueur au fil du temps, les tirs ne sont jamais identitiques même s'ils le paraissent.

 

Pour toutes ces raisons, il convient de changer notre manière d'entraîner le tir.

 

Au lieu de vouloir entraîner le résultat du tir ("Allez on veut x% de réussite aujourd'hui" ou encore "On ne termine pas l'entraînement tant que tu n'as pas marqué x tirs") je conseille, je recommande même, d'entraîner les éléments sous-jacents du tir pour influer sur le résultat et confronter le joueur au maximum de situations afin de le rendre adaptable. Voici un exemple :

Imaginez que l'on vous demande d'écrire un livre.

Première méthode : On vous montre le livre parfait, et on vous demande d'écrire comme l'auteur. A chaque tentative d'écrire un livre, on vous corrige pour vous conduire au plus près du livre parfait. On répète, on recommence, jusqu'à ce que vous arriviez à écrire un livre au plus proche du livre parfait.

Seconde méthode : Imaginez maintenant que l'on vous donne des leçons sur les éléments sous-jacents d'un bon livre : on vous apprend à créer des personnages, structurer un récit, utiliser des figures de style, être à l'aise avec l'orthographe, la syntaxe, etc.

D'après vous, quelle méthode aura le meilleur résultat?

C'est absurde non de suivre la première méthode. Aucun cours d'écriture ne se base sur cette première méthode.

Pourquoi le fait-on avec le tir alors?

Parce qu'on a toujours fait comme ça?

Parce que les autres font comme ça?

Parce que quand on jouait , on s'entraînait déjà comme ça?

Et alors? On a bien soigné les gens selon la théorie des humeurs, ce n'est pas pour autant qu'on le fait encore aujourd'hui!

 

Si vous pensez, malgré ces arguments, que le tir est un acte isolé, mécanique, décontextualisé et non complexe, qu'il faut continuer à l'entraîner comme d'habitude, c'est avec bienveillance que j'aimerais connaître vos arguments pour faire progresser les miens. Personne ne sait tout, mais chacun sait quelque chose.

Andy HYEANS

CEO AHC

27/10/2020

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