Développer l'attention et les performances cognitives des joueurs

Développer l'attention et les performances cognitives des joueurs

La performance sportive comme les capacités d’apprentissage sont limitées par l’attention et les capacités cognitives des athlètes. Après des dizaines d’années d’études ce n’est un secret pour quiconque. On ne peut être performant sans travailler sur ses deux aspects.

Mais comment travailler sur ses deux aspects?

Quels biomarqueurs utiliser pour savoir qu'on progresse?

Quand on sait que l'attention est clairement un problème des générations actuelles de joueurs en formation, c'est une réponse qui devrait intéresser les entraîneurs du baby-basket à l'équipe de France!

Partie 1 : Biomarqueur de l'attention et des capacités cognitives

Le biomarqueur le plus fiable que j'ai choisi d'enregistrer dans mon suivi de joueur AHC Evolution est celui de la variabilité de la fréquence cardiaque. C'est une mesure très pratique puisque non-invasive, reproductible et explicite de la fonction du système nerveux autonome. Le coeur est relativement stable, mais le temps entre deux battements peut être très différent. Ce temps nous informe sur l'état du système nerveux autonome.

Le système nerveux autonome est l'ensemble responsable des fonctions non soumises au contrôle volontaire. Il gère notamment la tension artérielle, le rythme cardiaque et la fréquence respiratoire. Il est le miroir de notre stress, de notre état émotionnel et de notre santé.

Le système nerveux autonome est constitué des systèmes nerveux sympathique et parasympathique qui régulent tous les processus corporels se produisant automatiquement. Ils ont tous deux des actions opposées qui régulent l'activité de plusieurs organes et fonctions.

L'activation du système nerveux sympathique prépare l'organisme à l'action. En réponse à un stress, il orchestre la réponse dite de combat ou de fuite (« fight or flight ») qui entraîne une dilatation des bronches, une accélération de l'activité cardiaque et respiratoire, une augmentation de la tension artérielle, une dilatation des pupilles, une augmente de la transpiration, une diminution de l'activité digestive… Ce système est associé à l'activité de deux neurotransmetteurs : la noradrénaline et l'adrénaline.

L'activation du système nerveux parasympathique, à l'inverse, correspond à une réponse de relaxation. Il induit un ralentissement général des fonctions de l'organisme. Le rythme cardiaque et l'activité respiratoire sont ralentis et la tension artérielle diminuée. Ce système est associé au neurotransmetteur acétylcholine.

La variabilité de la fréquence cardiaque est le biomarqueur le plus fiable de notre résilience, de notre état d'apprentissage et pour la performance sportive. C'est la raison pour laquelle le suivi AHC Evolution collecte et analyse la variabilité de la fréquence cardiaque.

 

Partie 2 : Développer la variabilité de la fréquence cardiaque pour améliorer l'attention et la performance sportive

Psychiatre et neuroscientifique, le Dr Rabin a mené des recherches à l’Université de Pittsburgh en 2019 sur les effets de l’exposition du système haptique ( système du toucher) aux vibrations douces. Quel rapport? Vous allez le découvrir dans quelques lignes.

Le Dr Rabin a émis l'hypothèse que des ondes de vibrations (basées sur des schémas respiratoires issus d'études sur le biofeedback, la méditation, le toucher apaisant et la musique apaisante) pourraient augmenter l'activité du système nerveux parasympathique et la variabilité de la fréquence cardiaque en période de stress. Des décennies de littérature scientifique suggéraient fortement que cela réduirait la réponse sympathique « combat ou fuite » lorsque cela n'est pas nécessaire, permettant au corps de restaurer rapidement son équilibre.

38 sujets sains ont participé à l'étude menée dans le cadre du laboratoire du programme de neurosciences cognitives et affectives (PICAN) de l'Université de Pittsburgh par le Dr Rabin. Les participants à l'étude ont été invités à effectuer le test d'addition en série auditive stimulée (PASAT), une évaluation validée de la fonction cognitive qui évalue la vitesse et la flexibilité du traitement de l'information en réponse à une frustration extrême. C'est très proche de ce que un joueur peut rencontrer en situation de match.

Le PASAT devrait amener les participants à se sentir stressés, car la tâche imite les effets de l'ennui et de la frustration sur la concentration et la précision. Chaque participant a terminé le PASAT dans des conditions de placebo, d’activation du système haptique et sans activation. Dans tous les cas, les participants ne savaient pas ce que les vibrations étaient censées faire et les chercheurs ne savaient pas quelle condition (active, placebo ou nulle) le participant avait reçu.

Sous les conditions « Placebo » et « sans activation »

La précision de la tâche des participants a diminué au fil du temps, ils ont déclaré se sentir stressés et leur variabilité de la fréquence cardiaque a diminué. C'est généralement ce qui est observé lorsque le PASAT est administré car c'est une tâche tellement frustrante que la plupart des gens veulent simplement abandonner après environ 60 secondes.

Dans le cadre du groupe « Activation du système haptique »

Les participants ont déclaré se sentir plus calmes, leurs performances (précision) sur la tâche se sont améliorées. La variabilité de leur fréquence cardiaque sous stress durant 3 minutes s'est améliorée. Elle a été multipliée par 2 à 3 selon les particpants !

Encore plus excitant : plus la variabilité de la fréquence cardiaque augmentait, meilleurs étaient les sujets sur la tâche. Autrement dit, on se rapproche d’un état de « flow » bien connu par les préparateurs mentaux et les psychologues du sport.

Ainsi on peut observer que l’activation du système haptique selon certains modèles a un impact prévisible sur le contrôle de l’attention et les performances cognitives. On doit cela à l’amélioration de l’équilibre entre les systèmes parasympathique et sympathique.

Evidemment cette stratégie a été utilisée en NCAA avec des résultats ici aussi positifs. Elle est très certainement utilisée à titre individuel en NBA mais elle est trop récente pour disposer d’informations à ce sujet.

J’ai donc décidé de la tester moi-même la solution programmée par Apollo Neurosciences pour la proposer à mes athlètes ainsi que dans le cadre du suivi AHC Evolution. Sur moi-même j’ai constaté après un cycle  d’utilisation une amélioration de la variabilité de la fréquence cardiaque, le biomarqueur le plus fiable de notre résilience (notre capacité à rebondir après le stress).

Autrement dit, une stratégie de régulation des systèmes sympathique et parasympathique améliore (entre autres choses) les capacités d'attention et les performances cognitives, notamment sous stress. On comprend vite les débouchées de ces recherches pour nos sportifs.

Je remercie le docteur David Rabin pour sa collaboration ainsi que Ian McGlumphy de chez Apollo Neurosciences pour leurs échanges. Merci pour la mise à disposition des 54 études références (https://apolloneuro.com/science/).

Je suis très heureux qu'AHC Evolution soit associé à ces méthodes de pointe pour la performance des joueuses et joueurs suivis.

Andy HYEANS

04/03/2021

Réalisé avec Formator.io